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    Twitter et Facebook : la qualité ou l'égo, il faut choisir

    Cer­taines his­toires finissent par “ils vécurent heu­reux et eurent beau­coup d’enfants”. D’autres finissent sans jar­din à balancelle.

    Celle-ci fait par­tie de cette catégorie.

    Je vais vous racon­ter la longue his­toire de l’égo digi­tal, vous livrer des recettes de sevrage et vous racon­ter pour­quoi la lec­ture d’un si long billet a du sens.
    Mais pour cela il faut reve­nir quelques années en arrières, bien avant ce unfol­low mas­sif –note : sur Twit­ter, on reçoit les acti­vi­tés des gens que l’on suit. Pour ces­ser de les rece­voir, il suf­fit de se désa­bon­ner. L’action d’arrêter de suivre plu­sieurs (beau­coup) per­sonnes porte le nom “d’unfollow massif”.

    Com­ment en suis-je arrivé là ?

    Pour­tant, tout livre trai­tant de bonnes conduites dignes de ce nom vous le dira :
    1. on ne met pas les coudes sur la table,
    2. on dit bon­jour,
    3. on arrive à l’heure,
    4. on ne fait pas de mass unfol­low, bordel.

    Sans comp­ter que ça énerve Twit­ter. Et per­sonne ne veut voir Twit­ter énervé, sauf à vou­loir tuer des cochons, ce qui serait un comble en cette période de viande halal géné­ra­li­sée.
    angry twitter

    Alors pour­quoi aller à la ren­contre des bonnes conduites et défier ainsi l’aigle bleu (Oui, je sais, ce n’est pas un aigle, c’est un clin d’oeil pour le lec­to­rat de plus de 25 ans) ?

    Il va fal­loir remon­ter aux ori­gines, lorsque les gens por­taient des peaux de bêtes, qu’on se dépla­çait à dos de mamouths, bref, à la jeu­nesse de Twitter.

    L’âge d’or

    Hésiode l’a très bien for­mulé dans Les Tra­vaux et les Jours, au VIIIème siècle avant Jésus-Christ :

    Quand les hommes et les dieux furent nés ensemble, d’abord les célestes habi­tants de l’Olympe créèrent l’âge d’or pour les mor­tels doués de la parole. Sous le règne de Saturne qui com­man­dait dans le ciel, les mor­tels vivaient comme les dieux, ils étaient libres d’inquiétudes, de tra­vaux et de souf­frances ; la cruelle vieillesse ne les affli­geait point ; leurs pieds et leurs mains conser­vaient sans cesse la même vigueur, et loin de tous les maux, ils se réjouis­saient au milieu des fes­tins, riches en fruits déli­cieux et chers aux bien­heu­reux Immor­tels. Ils mou­raient comme enchaî­nés par un doux som­meil. Tous les biens nais­saient autour d’eux. La terre fer­tile pro­dui­sait d’elle-même d’abondants tré­sors ; libres et pai­sibles, ils par­ta­geaient leurs richesses avec une foule de ver­tueux amis. Ils pou­vaient Twit­ter le coeur léger, heureux.

    Cette époque remonte dans mon cas à l’année 2009. Je redé­cou­vrais fraî­che­ment Twit­ter, dans l’excitation clas­sique des pre­miers pas avec un gad­get au poten­tiel énorme.
    En fait, j’avais croisé Twit­ter en 2008 et, comme beau­coup, je ne voyais pas de réel inté­rêt. J’avais regardé l’ensemble, ça parais­sait simple et mar­rant, mais il n’y avait pas grand monde, per­sonne à qui par­ler, pas de contenu inno­vant.
    Par­ler dans le vide, envoyer son SMS comme une bou­teille dans l’océan, ça ne me parais­sait pas très tentant.

    Twit­ter ça ne mar­che­rait jamais.

    Alors je tour­nais la page, d’un ctrl+F4 fata­liste (oui, je n’avais pas suc­combé à la dic­ta­ture Apple en cette douce époque).

    En 2009, tout avait changé. Les foules s’étaient appro­priées l’outil. Nous pou­vions suivre quelques icônes du jour­na­lisme, de la photo, de la com­mu­ni­ca­tion digi­tale et même Nico­las Sar­kozy. Ah non, il fau­dra attendre 3 ans, un grand frère Noir dans une Mai­son Blanche et une élec­tion mal démar­rée pour voir l’arrivée de ce der­nier.
    Qu’importe, j’étais devenu un twit­tos. La classe quoi. Je gazouillais chez moi, je gazouillais sur les tra­jets, je gazouillais même au bou­lot. Par­fois trop au bou­lot d’ailleurs, mais j’étais apprenti, ça ne compte pas.

    Cet âge d’emballement, on l’a tous connu (si vous n’êtes pas sur Twit­ter, fer­mez les yeux et ima­gi­nez, ça revient au même).
    On a tous été cham­boulé par la réponse d’une icone, tout fier d’être fol­low back par une star (en fei­gnant de ne pas remar­quer les 50 000 autres pri­vi­lé­giés).
    Mais sur­tout, on veut pro­fi­ter du repas jusqu’à la der­nière bou­chée. Et avoir du rab si pos­sible. Et le repas sur Twit­ter, c’est l’échange, c’est avoir un compte qui bouge.
    L’échange, c’est le mot langue de bois pour dési­gner les RT sau­vages, les @ sur le der­nier LOL­Cat et sur­tout.. les fol­lo­wers.
    On se lance alors dans de grandes envo­lées lyriques, les jeux de mots, les livet­weets d’émissions les plus pas­sion­nantes les unes que les autres, les tweet-clashs, les tweet-pics, les mêmes, les #FF, les fol­lows à foi­son…
    Et on se réjouit sans ver­gogne de sa crois­sance digne des meilleures star­tups (ou de leur pres­ta­taire chinois).

    A force de twee­ter, de che­cker les men­tions, de tra­quer la der­nière info per­ti­nente, mar­rante ou sexy, on devient un peu accro.
    Un peu comme un ado avec un gobe­let en plas­tique dans les mains. On cherche à rem­plir. Qu’importe, on se dit que c’est plu­tôt sympa, qu’on est tou­jours au jus avant tout le monde, qu’on fait plein de ren­contres cool.
    On kiff grave la vibe (les puristes écri­ront “vaïbe”).

    Et là c’est le drame

    Un beau jour de prin­temps, on se rend compte qu’un truc a changé. Le por­table reste dans la poche sur le tra­jet. On vire ses noti­fi­ca­tions.
    Bref, la flamme s’est éteinte. Sans rai­son appa­rente.
    On tente le mas­sage car­diaque sur écran tac­tile mais rien à faire.

    On scrute son feed (l’endroit où défilent les tweets des gens que l’on suit) et rien ne nous parle. Un sen­ti­ment de déjà vu, des actus qui ne nous inté­ressent pas, beau­coup de débats poli­ti­sés pas bien inté­res­sant, des “Révo­lu­tions” Face­book et Apple. La routine.

    Le mail réca­pi­tu­la­tif de la croi­sance quo­ti­dienne nous laisse indif­fé­rent.
    Solde de +2 fol­lo­wers, et puis..

    Pour­quoi ce dés­in­té­rêt soudain ?

    J’avais plus de 1000 élé­ments de retards sur mon lec­teur de flux RSS.
    Pas le temps de me poser la ques­tion.
    malediction

    La prise de conscience

    Nous étions mi-mars. C’était le 13 pré­ci­sé­ment. Je ramas­sais un peu de temps et d’énergie et fai­sait une pause, dans cet uni­vers digi­tal en per­pé­tuel mou­ve­ment.
    Pas de Face­book, pas de Twit­ter, pas de Gmail, pas même de Chrome, ni d’Internet Explo­rer (bizarre, me pas­ser de ce der­nier n’a jamais été un grand problème).

    Et de me poser cette ques­tion ô com­bien impli­cante, quasi métaphysique :

    Pour­quoi diantre n’ai-je plus cet appé­tit appé­tence pour l’oiseau bleu ?
    (Willy Braun, le 13 mars, appar­te­ment mal rangé)

    Jusqu’alors, je vivais l’article comme je vous l’ai retranscrit.

    Il me fal­lait recon­si­dé­rer l’histoire.

    Cer­taines his­toires finissent par “ils vécurent heu­reux et eurent beau­coup d’enfants”. D’autres finissent… Je rigole, je ne vous la refais pas.

    Je ten­tais sim­ple­ment de trou­ver le point de rup­ture entre la flamme pas­sion­née du début et le nau­frage de cette vieillesse.

    Las­si­tude ou prise de conscience ?

    L’égo digi­tal

    Les fidèles lec­teurs connaî­tront notre goût pour les clins d’oeil à Lud­wig Witt­gen­stein.
    Bizar­re­ment, nous sommes abso­lu­ment obli­gés de le convo­quer ici.

    Witt­gen­stein, à pro­pos de Twit­ter et de cette his­toire en particulier :

    Sup­po­sons (…) que le jeu soit tel que celui qui com­mence puisse tou­jours gagner par un simple coup deter­miné. Mais cela n’a pas eu lieu ; — c’est donc un jeu. Main­te­nant quelqu’un attire notre atten­tion sur ce fait ; — et ce n’est plus un jeu.
    Quelle for­mu­la­tion puis-je don­ner à cela pur que ce soit clair pour moi ? Car je veux dire ” et ce n’est plus un jeu” et non : “et main­te­nant nous voyons que ce n’était pas un jeu”.
    Ce qui signi­fie : l’autre per­sonne n’a pas attiré notre atten­tion sur quoi que ce soit ; il nous a appris un nou­veau jeu a la place du notre.
    Mais com­ment le nou­veau jeu peut-il rendre caduc l’ancien ?
    Nous voyons main­te­nant quelque chose d’autre et ne pou­vons plus conti­nuer naï­ve­ment a jouer.
    D’une part , le jeu était fait de nos actions (notre jeu) sur la table ; ces actions je pour­rais les accom­plir main­te­nant autant qu’auparavant. Mais d’autre part, il était essen­tiel pour le jeu que j’essaie aveu­gle­ment de gagner ; et main­te­nant je ne peux plus faire ça.
    (Witt­gen­stein, Remarques sur les fon­de­ments des mathématiques)

    Je croyais prendre part à une immense fête ; en réa­lité, ce n’était qu’un vaste jeu mon­dain. J’avais saisi la règle léo­nine de l’égo. Twit­ter n’était plus le même.

    Twit­ter, n’était plus un outil pour échan­ger. Twit­ter était devenu la consé­cra­tion du per­so­nal bran­ding (et de tout le mal que j’en pense) : le média per­son­nel.
    Twit­ter n’était plus “Que se passe-t-il” (What’s hap­pe­ning) mais “Ecou­tez moi et répan­dez ma bonne parole”.
    Moi qui croyait ini­tial­le­ment que Twit­ter mon­trait les limites de l’algorithme dans la dis­cus­sion humaine.

    Certes, le Social volait la place au Search, mais pas for­cé­ment pour les bonnes rai­sons. La rela­tion impor­tait plus que le contenu, ce qui n’est pas un mal tant que celui-ci conserve sa den­sité. Mais jus­te­ment, le mes­sage se vidait pro­gres­si­ve­ment, ce qui implique non pas sim­ple­ment une supér­fi­cia­lité mais une réelle sté­ri­li­sa­tion de la relation.

    Lorsque tout se réduit à qué­man­der de l’attention, c’est qu’il y a un pro­blème d’égo.
    Et l’égo est un voile dont on se drape pro­gres­si­ve­ment, jusqu’à s’aveugler dans un fatras d’agitation. Mais avant de consi­dé­rer les pro­blèmes de bou­lé­mies, pen­chons nous sur les symp­tomes pour bien réa­li­ser de quoi nous parlons.

    Lorsque l’on suit pour être suivi en retour (espoir), que l’on exige cette mutua­lité pour suivre (quelque soit le moment, au début ou pas) : EGO.
    Lorsqu’on post un mes­sage dans l’espoir d’être ret­weeté : EGO.
    Lorsque l’on poste un mes­sage sans le lire, pour rem­plir son flux, pour mon­trer que l’on est actif, parce qu’on pense que ça plaira : EGO.
    Lorsque l’on suit scru­pu­leu­se­ment le nombre de ses fol­lo­wers : EGO.
    Lorsque l’on com­pare le nombre de ses fol­lo­wers : EGO.
    Lorsque l’on cal­cul son ratio following/followers : EGO.
    Lorsqu’on com­pare des ratios : EGO.
    Lorsque l’on traque les clas­se­ments (Klout en pre­mière ligne) : EGO.

    Entre nous, à quoi ça sert d’être suivi lorsque l’on suit ?
    La non mutua­lité ne nous prive pas du contenu dif­fusé par l’apparent ingrat et ne nous empêche pas de dis­cu­ter grâce aux @. Pour un DM on peut tou­jours s’arranger. Alors pourquoi ?

    Entre nous, quand un mes­sage est ret­weeté à foi­son et que vous en reti­rez de la satis­fac­tion, c’est vrai­ment pour le simple plai­sir de dif­fu­ser une infor­ma­tion en par­ti­cu­lier (je mets à part la dif­fu­sion de son propre billet, car ce n’est bien sou­vent qu’une trans­la­tion de l’égo) ?
    Idem pour l’espoir d’être ret­weeté, parle-on juste de pro­pa­ga­tion d’idées ?

    On se moque sou­vent de ces entre­prises qui débarquent avec leurs gros sabots publi­ci­taires et leurs mes­sages cor­po­rate rébar­ba­tifs, mais fina­le­ment n’y a-t-il pas une symé­trie inté­res­sante pour le particulier ?

    Twit­ter est devenu un culte de l’égo ; l’apothéose de la men­di­cité des regards ; une simple agré­ga­tion des “Moi”, de l’entreprise sans aucun doute, mais de tout un cha­cun éga­le­ment. Et les afi­cio­na­dos de Face­book ne devraient pas se sen­tir trop vite exempts.

     

    Et nous avons tous plus ou moins som­bré, plus ou moins mal­gré nous.
    Heu­reu­se­ment rien n’est trop tard.

    La purge rédemprice

    La purge rédemp­trice. C’était la seule solu­tion.
    Devant nous une liste bour­sou­flée, malade, dans nos mains, l’arme du mass unfol­low.
    À un clic du coup de feu, les der­niers sou­bre­sauts de l’habitude me firent hési­ter, “et si je per­dais tous mes fol­lo­wers ?” et l’arme de la ration­na­li­sa­tion de l’aider “et si ce n’était qu’une petite car­rence de som­meil qui déforme la situation ?”.

    Qu’importe, il fal­lait ampu­ter pour garan­tir la santé de l’organisme. Alors j’appuyais.

    Pas de déser­tion mas­sive, rien qu’un sen­ti­ment de légè­reté, comme après les confes­sions d’antan.

    Mais sur­tout, ce qui impor­tait, c’était le retour du sang puri­fié. Le canal dif­fu­sait à nou­veau du contenu per­ti­nent. Non pas du meilleur contenu dans l’absolu, mais du contenu qui m’importait moi, du contenu en affi­nité avec mes ques­tion­ne­ments, mes goûts, mes envies, privé du bruit d’antan.

    La pesan­teur des normes

    Bien sûr le mass unfol­low n’est pas des plus élé­gants ; il créé beau­coup de frus­tra­tion et un sens de culpa­bi­lité. Un peu comme si vous déser­tiez d’une armée injuste. Vous savez que vous le faites pour de bonnes rai­sons, mais vous avez l’impression de lais­ser der­rière vous vos cama­rades.
    Seule­ment, si on prend un moment pour se retour­ner, on se rend compte que lorsque l’on déva­lait la pente au sein de la mêlée, nos oeillères nous empê­chaient de voir, nous vou­lions sim­ple­ment être unique.

    Une his­toire des plus communes

    Quan­tité = agi­ta­tion = sen­ti­ment de dyna­misme, de par­tage, de vie.
    Mais non, lorsque l’on RT sans lire, lorsque l’on RT des chiffres que l’on oublie aus­si­tôt cela n’est pas du par­tage sensé.
    On parle beau­coup de gami­fi­ca­tion, sûre­ment trop d’ailleurs. Mais les réseaux sociaux vont plus loin. Je décri­vais dans mon der­nier article sur Pin­te­rest, 3 effets per­vers des réseaux sociaux : le tou­jours plus, la ver­ni­sa­tion de l’identité et le couple populisme-recours au tri­vial. J’avais oublié de parlé du sous-jacent fon­da­men­tal, l’égo.
    Ceux qui sont à l’extérieur aboient des condam­na­tions insen­sés de “refuge dans le vir­tuel”, de “pure perte de temps” ou de “com­pul­sions geeks” (pour les plus rafinés).

    Ils se trompent.

    Au contraire, les réseaux sociaux, c’est la répli­ca­tion d’une dyna­mique bien clas­sique, bien réelle, la fuite en avant dans la volonté de puis­sance.
    Je serais curieux de connaître la part des consul­ta­tions de pho­tos dans le tra­fic total de Face­book.
    Idem sur Twit­ter pour la consul­ta­tion de la page “@Connect”, cette page qu’on pour­rait aussi appe­ler @MoiMoiMoi.

    Je crois que le mes­sage sur l’égo est clair. Ce n’est pas une condam­na­tion, c’est plu­tôt une invi­ta­tion à se poser la ques­tion hon­nê­te­ment : quand est-ce que mes désirs d’être aimé prennent le pas sur l’échange et l’utilisation sensé, celle qui me fait gran­dir, non celle qui me per­met de me sen­tir plus grand.

    Et ils eurent beau­coup d’enfants ?
    Non, tou­jours pas. De cette prise de conscience, j’ai dis­tin­gué quelques pistes pour une uti­li­sa­tion plus sen­sée, ou du moins, qui me res­sem­blait plus, lorsque mon égo avait pris un peu de recul.

    Peut-être que cela vous par­lera aussi.

    1. Evi­ter la bou­lé­mie informationnelle

    Je ne peux pas vrai­ment pré­tendre que l’un et l’autre sont stric­te­ment liés.
    Ce que je constate sim­ple­ment, c’est que cette esca­lade de l’égo était accom­pa­gnée par d’une esca­lade de la quan­tité d’information. L’engrenage est peut-être sim­ple­ment paral­lèle. Qu’importe.

    Lorsque j’ai pris conscience que je consom­mais énor­mé­ment sans réelle rai­son, sinon pour créer du mou­ve­ment et me sen­tir au coeur de l’action, j’ai com­pris son corol­laire.
    Si je vou­lais m’éloignais de l’égo, il me fal­lait m’écarter de cette course.

    2. L’exit comme retour

    A cette fin, il me fal­lait reve­nir vers mon essentiel.

    Le plus direct était simple : faire le tri dans mon cour­rier (je me suis désa­bonné d’une ving­taine de news­let­ters), repar­tir de 0 ou presque dans mes fol­lo­wings sur Twit­ter, chan­ger les réglages de Face­book, sup­pri­mer les noti­fi­ca­tions sur mon mobile.

    Mais ce n’était pas for­cé­ment le plus habile.
    Car pour se recen­trer, il faut savoir où est le centre.

    3. La sagesse de la res­tric­tion : une recherche de la pertinence

    Je me suis donc mis à me deman­der ce qui me moti­vait, ces lec­tures qui vous font sou­rire mal­gré vous, qui vous donnent cette petite étin­celle qui vous donne envie de démar­rer de nou­velles choses, ces intui­tions nou­velles qui vous font consi­dé­rer le monde différement.

    J’ai d’abord suc­combé à l’injonction du sens com­mun et de la linéa­rité. Je me posais des ques­tions ins­tru­men­tales (ce qui me ser­vira pour mon métier pré­sent, pour mon métier futur), je res­tais enfermé dans la dérive de la performance.

    Ce n’était pas la vie telle que je la ché­ris­sais. Cette vie n’était pas faite d’objectifs, de pré­dic­tions, de sueurs dociles.

    Les anglo­saxons disent sou­vent qu’une star­tup qui marche per­met de gagner du temps ou d’en perdre. Il me fal­lait bien sup­pri­mer ce qui me ser­vait à en perdre, “à tuer le temps” –cette expres­sion n’est-elle pas remar­qua­le­ment stu­pide dans une vie où la res­source vrai­ment pré­cieuse et fon­da­men­tale est le temps ?

    Néan­moins, je pou­vais sup­pri­mer ces aspects, j’étais blo­qué au mur des inté­rêts plu­riels. Je sais que cer­tains (des scien­ti­fiques sou­vent) peuvent consa­crer leur vie sur une toute infime par­tie de la connais­sance pour la maî­tri­ser à fonds et décou­vrir des incré­men­ta­tions légères (mais ô com­bien importantes).

    Je ne suis pas de ceux là, j’aime m’entourer d’un essaim bour­don­nant d’idées diverses.
    La solu­tion n’était pas dans la res­tric­tion telle que je l’avais tout d’abord pensé.
    La per­ti­nence n’est pas (tou­jours) une res­tric­tion de champs.

    4. Moins de plus

    Ce qui me fal­lait était pour­tant simple.
    Je m’étais dis­perçé par égo ;  j’avais sup­primé les thèmes insensés.

    Il me res­tait à retrou­ver les conte­nus de qua­lité. Ce qui ont un mes­sage à faire pas­ser, qui ne sont pas sim­ple­ment une com­pi­la­tion facile (mais courte !) d’infos venues de l’autre côté de l’atlantique ou une info sèche que l’on lit et que l’on oublie quelques heures plus tard.

    Et l’efficacité implique bien sou­vent de choi­sir soi­gneu­seue­ment les sources de sa veille.

    C’est vrai pour les publi­ca­tions et les édi­teurs de conte­nus plus géné­ra­le­ment.
    Lorsque j’achète Books ou CLEF, je sais que je ne serai pas vrai­ment le même après la lec­ture.
    Lorsque qu’un titre du New York Times m’interpelle, je suis rare­ment déçu d’avoir pris le temps de le lire.

    C’est vrai pour les auteurs.
    Lorsque je lis un Watz­la­wick, je sais que ma vie ne sera pas tout à fait la même après.
    Lorsque je lis un Saint-Exupery, je sais que je vais vibrer et que mes envies vont fluc­tuer.
    Lorsque je lis Sen, je sais que ma com­pré­hen­sion de la jus­tice et de la pau­vreté ne sera pas la même.

    C’est vrai pour les cura­tors.
    Un bon titre relayé par Maria Popova n’est jamais vrai­ment ris­qué.
    Un article plein de pro­messe dif­fusé par Chris Ander­son ne m’a rare­ment déçu.

    Il me fal­lait donc choi­sir avec plus d’attention, et ne pas avoir peur de pas­ser plus de temps par contenu. Une heure sur 3 bons articles vous apprend beau­coup plus qu’une heure sur 15 articles plus légers.

    Avant de clo­tu­rer cet article (qui prend des allures de dic­tion­naire), je sou­hai­te­rais rap­pe­ler toute la valeur des 1% d’internautes qui créent du contenu sur la toile.

    L’importance des content providers

    Pour mettre fin à ce cercle de l’égo et suivre le che­min de la sage res­tric­tion, il nous est néces­saire de pou­voir béné­fi­cier de conte­nus fouillés, per­ti­nents, qua­li­ta­tifs.
    Ce contenu, qui nous fait gran­dir, repose sur l’engagement de jour­na­listes, d’écrivains, de réa­li­sa­teurs […] et de blo­gueurs. Cette nou­velle géné­ra­tion d’artisans pro­fite de l’opportunité incroyable offerte par l’essor d’Internet. L’information n’a jamais pu cir­cu­ler aussi libre­ment ; la connais­sance peut se trans­mettre comme jamais elle n’a pu se trans­mettre, offrant un pont inédit entre les géné­ra­tions, les nations, les eth­nies, les genres, les groupes sociaux…
    Beau­coup de blo­gueurs vendent des méthodes pour gagner rapi­de­ment beau­coup d’argent en construi­sant en quelques heures son blog. À mon sens, c’est un mépris incroyable des pos­si­bi­li­tés et du sens qu’il est pos­sible d’acquérir, de dif­fu­ser et de par­ta­ger. Res­treindre ces posi­bi­li­tés à de simples rentes finan­cières seraient un manque incroyable d’imagination et une triste vision de la vie.
    Aujourd’hui, nous avons tous, dans un cer­tain sens, la pos­si­bi­lité de faire entendre sa voix, de mettre en avant une idée, et d’influencer le cours des choses.
    L’édition de contenu est une nou­velle forme de par­ti­ci­pa­tion démo­cra­tique qui vous est offerte. Les contraintes tech­niques ne sont plus un réel obs­tacle (word­press faci­lite gran­de­ment les choses et il existe tou­jours des pla­te­formes d’une sim­pli­cité incroyable, over-blog, blog­ger ou tum­blr parmi tant d’autres). Les contraintes tem­po­relles sont sou­vent sur­es­ti­mées, vous pou­vez tou­jours contri­buer quitte à pro­po­ser un billet à votre blog favo­ris. Et n’oubliez pas, un tra­vail docu­menté, écrit avec les tripes, pas for­cé­ment court, sera tou­jours plus appré­ciable que quelques lignes “buz­zys” ou quelques tra­duc­tions rapides d’innovations dis­cu­tables outre-atlanique.

    La valeur des bons curators

    Mais éga­le­ment, je crois qu’il ne faut pas sim­ple­ment hono­rer les auteurs. Il faut recon­si­dé­rer le rôle du cura­tor. Toute notre édu­ca­tion nous voue à nous méfier de la cura­tion (la mise en avant des conte­nus les plus per­ti­nents à nos yeux). Nous avons tou­jours été inci­tés à “ne pas seule­ment reco­pier un texte”, mais à s’en ser­vir pour char­pen­ter un nou­vel éclai­rage. Dans notre ère d’abondance infor­ma­tion­nelle, c’est par­ti­cu­liè­re­ment faux. Ceux qui vous aident à trou­ver les meilleurs sources, les meilleurs articles crééent, même sans le com­men­ter, une valeur indu­bi­table.
    J’ai ren­con­tré beau­coup de twit­tos un peu gênés dans des soi­rées de blo­gueurs de ne pas pro­duire du contenu et d’oublier tout l’intérêt de ce qu’ils font lorsqu’ils nous remettent devant les yeux des textes oubliés, des articles qui n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritaient.

    What is Cura­tion? from Per­co­late on Vimeo.

    Si vous n’aimez pas écrire, vous pou­vez tou­jours trier le contenu. Vous pou­vez uti­li­ser des outils de blog­ging (type tum­blr), des outils adhoc pour la cura­tion (type scoop.it) ou même sim­ple­ment par­ta­ger vos lec­tures sur Twit­ter, Face­book ou Google+ (et pour­quoi pas Pin­te­rest, soyons fous).
    Et lorsque vous le faites, n’hésitez pas à ne mettre de côté ce qui est anec­do­tique et de redo­rer le bla­son de l’investigation, du témoi­gnage docu­menté, du résumé fouillé.

    En bref : l’égo, la res­tric­tion, la créa­tion de valeur

    L’échappatoire face à l’égo, la res­tric­tion, la créa­tion de contenu de qua­lité… tout cela me fait pen­ser à TED.
    Mais l’idée n’est pas du tout de vous dire que TED soit la pana­cée, encore moins la voie unique. Sim­ple­ment, il existe des liens forts entre notre pro­pos et les cri­tiques que l’on voit poindre un peu par­tout sur la toile en ce moment.

    Les cri­tiques de TED ras­semblent deux argu­ments prin­ci­paux :
    a — l’essouflement des TEDx,
    b — la cri­tique du format.

    Sur le point a, il y aurait beau­coup à dire. Il fau­drait déjà savoir com­ment on juge la qua­lité d’un évè­ne­ment TEDx.
    On déclare avec emphases que les per­sonnes extra­or­di­naires ne sont pas banales, qu’un modèle de fran­chise qui mul­ti­plie les évè­ne­ments est ainsi voué à l’échec.

    Je me sou­viens mettre dit une fois, après avoir regardé deux talks, que le pre­mier était bien meilleur que le second. J’avais été comme happé par les jeux de voix, les silences, les images, les jeux de mots.. Pour­tant, un peu plus tard, en me remé­mo­rant le contenu du second talk, je réa­li­sais que ses aven­tures étaient inouïes et que ses ensei­gne­ments étaient d’une sagesse incroyable. Il n’existe aucune cor­ré­la­tion entre la richesse d’un contenu et la mai­trîse ora­toire. Le mythe qui asso­cie les deux nous fait voir de mau­vais talks lorsqu’ils sont par­fois d’une grande qua­lité.
    Le fond mérite sou­vent l’attention que la forme tend à confisquer.

    La recette TED, c’est bien sûr de cou­pler les deux. Et oui, il n’est pas évident de trou­ver de nom­breuses his­toires extra­or­di­naires racon­tées avec un talent nar­ra­tif extra­or­di­naire.
    Fina­le­ment, sur cet aspect, je ne retien­drais qu’une chose qui inté­resse notre propos.

    Inter­net offre une oppor­tu­nité sans pré­cé­dent de dif­fu­ser des his­toires extra­or­di­naires racon­tées avec talents extra­or­di­naires. Les hyper­textes per­mettent à tous de par­ta­ger les meilleures his­toires. Nous retrou­vons les édi­teurs de conte­nus et les cura­tors.
    Mais ce que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant, c’est qu’il per­met aussi de par­ta­ger des his­toires extra­or­di­naires sans avoir for­cé­ment les talents ora­toires ou rédac­tion­nelles, de les par­ta­ger aux yeux de tous… et de voir des (un contenu com­po­site né d’une reprise et sou­vent d’un mélange) se réa­li­ser, des arti­sans reprendrent la matière et la mettre en forme dif­fé­re­ment pour lui don­ner l’éclat qu’elle mérite. C’est ce que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment beau.
    Sur Bro­cooli, nous ten­tons de par­ta­ger des choses belles et de les racon­ter bien.
    Mais nous par­ta­geons aussi un peu mal­adroi­te­ment des choses qui méri­te­raient d’être mieux expo­ser. Et nous ten­ter de remettre dans une nou­velle forme d’autres qui nous ins­pirent. Nous ne pou­vons garan­tir la qua­lité, mais nous garan­tis­sons de le ten­ter tou­jours. C’est ce que je vous invite éga­le­ment à faire.

    Ensuite, pour reve­nir à TED, le for­mat est aussi cri­ti­qué.
    Beau­coup d’experts ragent de voir ainsi sim­pli­fier à l’extrème des décou­vertes scien­tifques com­plexes. Je crois que ce n’est que l’eternel débat de la média­tion scien­ti­fique (ou de la démocratisation/vulgarisaiton) : rendre abor­dable aux pro­phanes des avan­cées de dis­ci­plines diverses. Je crois que les expo­sés de phy­si­ciens quan­tiques ne sont pas for­cé­ment d’une très grande pré­ci­sion. Mais je sais que je ne pren­drai sur­ement pas le temps de m’y pen­cher suf­fi­sa­ment sinon, et je me sais gré de pou­voir en bénficier.

    Alors, vous pour­rez me dire que c’est drôle de louer la brie­veté après avoir écrit un long article sur le déve­lop­pe­ment, la docu­men­ta­tion et la pré­ci­sion. C’est une cri­tique qui revient aux conte­nus TED : n’est ce pas créer l’éloge du facile, du court, du léger ?
    Là, je crois que nous par­lons de cur­seur. Il existe plu­sieurs niveaux de pré­ci­sions, ce qui importe réel­le­ment, c’est de faire ger­mer la curio­sité avec un mini­mum matière et de sérieux. Sim­ple­ment, par com­pa­rai­son, je crois que je devais lire moins de 1% d’article en plus de 15 minutes. Et même si la lec­ture va plus vite que la parole (pré­sen­tez une slide en réci­tant son contenu écrit, vous ver­rez, l’audience aura lu bien avant que vous ayiez fini de le dire –et per­sonne ne vous écou­tera), en sup­po­sant que l’on lit envi­ron 2 fois plus vite que l’on parle, je crois que je ne lisais pas sou­vent des textes de plus de 8 minutes
    Ce n’est donc pas si court, et le contenu n’est pas si léger. Peut-être trop léger aux yeux du savant, mais déjà trop lourd pour beau­coup.
    C’est un peu comme la mon­tée des Kindle Singles, ces courts ebooks. Ce sont de très longs articles ou de très courts livres.
    Le for­mat long retrouve d’ailleurs des lettres de noblesse, comme le témoignent les inter­ven­tions au fes­ti­val SXSW de Jill Abram­son, direc­trice de la rédac­tion du New York Times “il est faux de dire que les for­mats longs ne marchent pas sur inter­net” ou de Max Linsky, fon­da­teur de Long­form, qui affirme, chiffres à l’appui, qu’”il y a une réelle oppor­tu­nité pour les for­mats de 10 000 signes au moins : 99% de nos lec­teurs vont jusqu’au bout de ces formats.”

    On ne pourra jamais défi­nir une taille par­faite. Ce qui importe à mon sens, c’est de ne pas s’enfermer dans le simple par­tage égo­tiste, de pou­voir argu­men­ter de manière convain­cante, de par­ta­ger ses espoirs, ses décou­vertes, ses rêves.

    Sor­tir de l’égo digi­tale, c’est reve­nir vers la grande quête de la connais­sance et de vibrer ensemble, non pas sim­ple­ment faire du bruit.
    C’est peut-être ça le bon­heur. La sim­pli­cité, le par­tage, la connais­sance.
    Et de faire ger­mer sans cesse la curio­sité.
    Si vous croyez en ce pari, votre confiance nous fera plai­sir : par­ta­gez cet article, sui­vez l’équipe sur Twit­ter (Willy, Mathieu, Nico­las), inscrivez-vous à notre newsletter !

    Aussi, en par­lant de contenu qua­li­ta­tif et d’égo, voici un super billet de Ronan sur l’égo dans le com­mu­nity mana­ge­ment.

    Willy Braun

    Willy Braun

    Délé­gué Géné­ral de France Digi­tale. Faci­li­ta­teur Star­tup Wee­kend.
    Direc­teur publi­ca­tion d’Internet Mar­ke­ting 2013 (édi­tions Eyrolles).

    Tags: ego, Facebook, sciences humaines, Twitter
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    Last reply was 9 months ago
    1. Bastien
      View March 19, 2012

      Juste pour dire que j’aime pas être classé dans l’égo, je pré­fère être classé dans le bullshit ;)

    2. Les Community Managers sont-ils tous « Ego » ? | La psyché du web social | Ronan Boussicaud
      View March 19, 2012

      […] PS : Si vous n’avez pas eu assez de lec­ture (presque cer­tain!), je vous conseille  vive­ment de lire cet article pas­sion­nant de Willy Braun « Twit­ter et Face­book : la qua­lité ou l’égo, il faut choisir«  […]

    3. Marketing | Pearltrees
      View March 20, 2012

      […] célestes habi­tants de l’Olympe créèrent l’âge d’or pour les mor­tels doués de la parole. Twit­ter et Face­book : la qua­lité ou l’égo, il faut choi­sir Inter­es­ting Videos bmf 2 TEORIA New World Order [+] KONY CASE STUDY examples Video trailer […]

    4. Brad Patterson @ Kwaga
      View March 20, 2012

      “Ego is a social fic­tion for which one per­son at a time gets all the blame.“
      –Robert Anton Wilson

      Très inté­res­sant à lire, et j’ai vécu des mass unfol­lows et ai hor­reur du flux RSS au délà de 500, mais ça arrive plu­sieurs fois par mois. Hélas… Bonne conti­nua­tion et je suis main­te­nant Bro­cooli. Cheers, Brad

    5. Anonymous
      View March 21, 2012

      ouch ! C’est long. Mais la réflexion est inté­res­sante tant elle semble réel­le­ment “intros­pec­tive” et qu’elle parle, j’en suis sur, à énor­mé­ment de Twit­tos. Reste à trou­ver le cur­seur de l’égo.
      Où est-il un sen­ti­ment nor­mal et utile à la construc­tion de son iden­tité, à la confiance en soi et à la valo­ri­sa­tion de son tra­vail (dans le cas où Twit­ter serait consi­déré comme un outil pro). Et où devient-il un défaut presque mal­sain qui favo­rise des échanges tron­qués, une com­pé­ti­ti­vité inutile entre per­sonnes et le per­so­nal bran­dind à outrance ?
      Là est toute la ques­tion. L’ego ne doit-il pas tout sim­ple­ment être ponc­tué par la rai­son ou l’éthique appe­ler le comme vous vou­lez. Mais n’y a-t-il pas sim­ple­ment une auto régu­la­tion à trou­ver de manière simple sans pas­ser par le pro­ces­sus d’introspection dif­fi­cile pour la plu­part d’entre nous…
      Merci pour l’article en tout cas.

    6. Quelle est la taille optimale d'un réseau social ?
      View March 27, 2012

      […] la taille opti­male du réseau social reste donc encore à déter­mi­ner : vous pou­vez repar­tir la conscience tran­quille à la chasse effré­née aux fol­lo­wers sur Twit­ter en igno­rant le fait que vous ne puis­siez en […]

    7. Interview CEO de MediaHeroes, Salah Benzakour
      View March 28, 2012

      […] on s’est posés récem­ment la ques­tion : qu’est ce qu’est un contenu de qua­lité ? Et pour ceux qui veulent lou­per ce super billet, ce qu’on dit, c’est que le contenu […]

    8. Robin Azéma
      View March 29, 2012

      Et ben mon Willy, ton article me plait ! Je pense qu’on peut quand même nuan­cer ton pro­pos, mais il y a beau­coup de vrai dedans ! Per­son­nel­le­ment, j’ai eu ma période de fort per­so­nal bran­ding (ling ?), mais avec des objec­tifs concrets : trou­ver les stages qui me fai­saient envie (à savoir à ces moments là chez Goojet/Scoop.it et chez X-PRIME), mon but était donc de me “faire voir” sur Twit­ter, et ça a clai­re­ment mar­ché.
      Mais je suis éga­le­ment tombé par moments dans ce culte du moi et ces désirs pri­maires que tu décris. Tu m’as gon­flé à bloc mon vieux, je vais pas tar­der à unfol­lo­wer massivement !

    9. Burn-out 2.0 : du plaisir au rejet des médias sociaux | La psyché du web social | Ronan Boussicaud
      View April 11, 2012

      […] « Une heure pas­sée sur 3 bons articles vous apprend beau­coup plus qu’une heure sur 15 articles plus.… » […]

    10. Martin Grandjean
      View April 11, 2012

      Très bonne réflexion. Mais, écrire un tel article n’est-ce pas encore une fois de l’EGO ?

    11. Anonymous
      View April 11, 2012

      @Martin bonne ques­tion. Hon­nê­te­ment je ne sais pas. C’est peut-être de “l’égo cathar­tique” :D

    12. Blog et marques : une relation à réinventer
      View April 18, 2012

      […] les échanges qui s’ensuivent et la visi­bi­lité de ses billets (avec par­fois les dérives dues à l’égo et la fixa­tion sur les vanity metrics), est-il seule­ment envi­sa­geable de dif­fu­ser des […]

    13. Interview de Willy Braun – Brocooli | BlogSurGaronne
      View 10 months ago

      […] avons quelques abon­nés dont nous sommes très fiers). Je dirais que notre lec­to­rat a com­pris qu’un article un peu fouillé vaut bien plus que de lire 3 ou 4 articles légers : décou­vrir des concepts qui sont utiles pour décryp­ter le monde qui nous entoure, se confronter […]

    14. Bilan d’une démission : l’esprit du travailleur libre
      View 9 months ago

      […] Mon chef est mort, je m’alimente à nou­veau cor­rec­te­ment. Je prends le temps de sélec­tion­ner mes sources, j’en ingur­gite moins, plus len­te­ment. Et je les retiens. (je déve­loppe l’idée dans ce billet : la qua­lité ou l’égo, il faut choisir) […]

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