
Retour d’expérience de Simon Istolainen au Startup Weekend Paris #4 (avril 2011), fondateur de MyMajorCompany et People for Cinema. Investisseur chez vinobest (achat groupé de vin), architurn (cabinet d’architecture sur Internet), dealissime (couponing dans l’univers féminon).
Simon avoue volontairement qu’il n’avait aucune expérience entreprise lorsqu’il a fondé sa première boite. Il vient d’une formation de sciences humaines, EHESS (ethnologie juive) et rentre chez ONG Aina, fondé par photographe Reza.
Ensuite, à la recherche de nouveaux défis, il rentre dans une agence de publicité (chez DDB), au département digital (veille blog high tech).

Là, il découvre Artistshare.com, un site de crowdfunding pour l’industrie musical. Les internautes investissent sur les artistes auxquels ils croient et reçoivent un pourcentage des revenus qu’ils génèrent. L’entrepreneuriat l’attire et a des affinités particulières avec le secteur de la musique, étant plus jeune dans un groupe de rock (avec le fils de Jean-Jacques Goldman).
Il décide donc de se lancer sur ce concept et l’amène en France en 2008.
Une première levée de fonds rapide, au bout d’un mois (250K€ de love money) lui permet de développer rapidement la plate-forme : MyMajorCompany.
Néanmoins, avec une équipe de 5 personnes, la tréso diminue rapidement, il lui faut effectuer à nouveau une levée pour survivre. Simon Istolainen et son associé, Michael Goldman, partent à la recherche d’une nouvelle fonds early stage en demandant 3 millions. Ils essuient un refus de tous les fonds de la place.
Heureusement, Stéphane Courbit (un investisseur qui a fait fortune en revendant Bémol) découvre l’histoire de MyMajorCompany dans un article Paris Match. Il les rencontre et investit 4.5 millions d’euros dans la startup.
MyMajorCompany atteint la rentabilité, notamment grâce à quelques beaux financements comme celui de Grégoire, qu’on ne présente plus (il a vendu 800.000 disques, financés un peu moins de 400 internautes).

Simon Istolainen se lance ensuite vers de nouveaux horizons, ceux du cinéma précisément, où il reprend son concept de crowdfunding. Il quite direction de MyMajorCompany en 2009 pour se consacrer pleinement à sa nouvelle plate-forme : PeopleForCinema.
Il effectue à nouveau une belle levée de fonds auprès de La Financière de l’échiquier de 400 000€ et investit lui même, notamment grâce à la revente de ses parts de MyMajorCompany. Il en profite également pour investir dans les 3 startups citées en introduction.
Enfin, une nouvelle levée de fonds d’un million d’euro qui lui permet de financer de plus en plus de films, avec de beaux contrats de partenariat, avec Disney pour ne citer que lui.
Sera disponible bientôt grâce au financement de PeopleForCinema, le premier film avec Max Boublil, connu pour “Ce soir tu vas prendre“, “ChatRoulette”.
Pour conclure, il nous livre sa vision du crowdfunding : ne jamais se contenter levée de fonds sur internet par le public, encore trop d’obstacle

Question : PeopleForCinema aide-t-il les petites productions ou surtout se focus sur les gros budgets (eg: Pirates des Caraïbes, levée 30K€ en une journée) ?
-> Les films de Gaspard Noé (eg Enter the Void), Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté, Une Pure Affaire de François Damien (50K en 3 jours)
Question : Crowdfunding générique marche-t-il ? (eg Ulule, kisskissbangbang)
-> Si pas 20 ou 30 millions levée par an via la plate-forme, pas vraiment, manque de business model.
Question : Beaucoup de levée de fonds, mais la startup est-elle rentable ? Le cashburning est-il compensé ? Combien PeopleForCinema gagne-t-elle, combien dépense-t-elle ?
-> 200K résultat net, 40 millions chiffre d’affaire
Question : Quels sont tes critères d’investissement dans une startup ?
Au début je pensais que les facteurs de réussite étaient : 95% idée, 5% équipe. Maintenant, j’ai complètement inversé le rapport. L’équipe fait tout.
D’autres conseils pour monter sa boite par Michel de Guilhermier.
Sur la question du financement en France, une intervention de Jonathan Benassaya, co-fondateur de Deezer (avec une comparaison avec les US)
|