Steve Blank : une nouvelle bulle internet (2)
|
Première position du débat sur la potentielle nouvelle bulle Internet, celle de Steve Blank, pour qui sommes déjà entrés dans la bulle : Revenons à la définition d’une bulle technologique : Le phénomène des bulles n’est pas récent. Il y en a eu pendant des siècles (la tulipomanie (ie la crise de la tulipe), la Compagnie des mers du Sud, la compagnie du Mississippi, etc.). Au cours de la dernière décennie, nous en avons connu deux, les dotcom et l’immobilier aux Etats-Unis. Aujourd’hui, plusieurs signes me font penser que nous sommes à nouveau entrés dans une bulle : Jean-Paul Rodrigue, de l’université de Hofstra, indique qu’une bulle peut se décomposer en 4 phases : la phase furtive, la phase d’alerte, la phase maniaque et la phase d’éclatement. Je pense que nous approchons le début de la phase mania. 1. Dans la phase furtive, les business angels et les capitaux-risqueurs (VCs) commencent à investir dans une industrie ou un segment du marché que les autres n’ont pas encore remarqué. Dans le cas de cette bulle, ce sont les réseaux sociaux, les applications mobiles et le cloud. Les VCs, qui ont su percevoir la profitabilité de ces startups, doubleront facilement leurs investissements. Bien avant les autres, ils ont su déceler les applications qu’en auraient des millions d’utilisateurs et auront anticipé les revenus générés, hors du commun. 2. a. La phase d’alerte fait référence à la période pendant laquelle les investisseurs institutionnels commencent à remarquer ces oppportunités et investissent à leur tour, augmentant le prix mécaniquement. 3. Nous venons d’entrer dans la phase maniaque. La valorisation de LinkedIn est passée à 8,9 milliards de dollars à la fin de la première journée consécutive à son IPO. Cela a envoyé le signal qu’il y avait une demande irrationnelle pour les IPOs technologiques, toutes les startups accourent pour tenter l’introduction publique. Les signes avant-coureurs de la bulles sont arrivés lorsque les entreprises internet chinoises ont rejoint les bourses américaines. En décembre 2010, Youku, le Youtube chinois, a fait un IPO avec une valorisation à 4,4 milliard de dollars à la fin du premier jour (avec 58,9 millions de revenus en 2010). En mai 2011, RenRen, le Facebook chinois, a vu sa valorisation à 7,4 milliards à la fin de la première journée de son IPO (avec un revenu de 76,5 millions en 2010). La description du professeur Rodrigue de ce qui suit nous semble familière : “le grand publique accourent pour ne pas manquer cette opportunité d’une vie”. Les anticipations prennent des proportions insensées et le flot d’argent accroît encore ces anticipations, en faisant atteindre des sommets astronomiques au cours des entreprises technologiques. Le marché devient de plus en plus exubérant et la cupidité s’installe. Tout le monde tente l’aventure et les nouveaux investisseurs n’ont absolument aucune compréhension du marché de ses dynamiques et de ses fondamentaux. Certains déclarent que nous avons changé de paradigme. L’histoire se répète. Personne ne doute que les réseaux sociaux, le web et les applications mobiles réinventent la façon de vendre. Evidemment, certaines de ces entreprises auront des centaines de millions de clients, avec des revenus sans précédents et des profits gigantesques. Retrouvez l’avis de Ben Horowitz, qui pense que nous ne sommes pas en bulle. Tu as aimé l'article ? Tu peux le partager sur Facebook, Twitter et Google+. | ||||
Related posts:

