L’arrivée au premier Startup Weekend lyonnais

Arrivée à Lyon en fin d’après-midi le vendredi 18 février, à la recherche de l’école 3A à l’université René Cassin. Deux questions se dressent :
- depuis quand des écoles privées sont-elles insérées dans une structure universitaire ?
- depuis quand les université françaises ressemblent à ça ? (photo ci-dessus contractuelle )
Qu’importe (pour le moment au moins, si vous avez les réponses, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou à me le dire sur Twitter/mail/facebook -ou IRL soyons fou), ce qui compte c’est d’avoir trouver le lieu de ce week-end prometteur et de constater, d’après les déchargements de packs de victuailles, que nous serons bien traités (cette considération sera revue ultérieurement).
A l’entrée, je reconnais la plupart des organisateurs, dont Henri Morlaye “l’organisateur en chef” et le formidable Cyril Dorsaz, qui représente l’association Startup Weekend France, que vous pouvez appeler Nostradamus.
Et hop, check-in (sur foursquare aussi, on ne se refait pas) et me voici badgé (dans le monde réel, cette fois-ci, pour contourner les gardes, potentiellement agressifs en ces périodes de week-end).
C’est peut-être le moment de se présenter pour ceux qui ne me connaissent pas. Je suis Willy Braun (www.twitter.com/willybraun) -reconnaissez la tentative très adroite pour tenter de capter de nouveaux followers, organisateur du Startup Weekend à Toulouse et membre de l’association Startup Weekend France. Ce court paragraphe de présentation laconique est en fait ma façon de full-discloser (notez que j’emploie des anglicismes aussi pour paraître dans le coup).
J’entre donc dans l’amphi déjà plein à craquer (j’exagère à peine, je n’étais pas en avance et l’événement rassemblait 96 hyperactifs ultra-motivés, la bave aux lèvres).
Après quelques tentatives avortées de convaincre une ou deux personnes supplémentaires de pitcher (je comprendrai plus tard, qu’il n’y avait pas besoin de recruter de nouveaux “pitcheurs”, les startupweekenders lyonnais n’étaient pas des plus timides), voici que je croise un collègue de promo (twitter.com/MaxLathuiliere), un camarade de prépa, Mathieu Daix (bon ce n’était pas une coincidence, je vous l’explique plus tard), et… une graphiste géniale qui était dans l’équipe de mon frère, le grandiose Brice Braun -qui m’a tant appris- au Startup Weekend Toulouse #1 (#SWTO), la terrible Sophie Bai (qui rigole tout le temps -je me crus drôle un moment- mais qui peut parfois vous remettre à votre place avec un naturel déconcertant).
Et de discuter avec un entrepreneur survolté, étudiant à Lyon-2, qui tente d’évangéliser avant les pitchs, il veut créer le Montmatre du web. La formule est intéressante, pas assez descriptive peut-être. Il s’appelle Lamine Madjoubi, j’aime bien son projet.
Conseil n°1 : commencez à parler de votre projet dès le début de l’événement pour recruter et avoir des feedbacks pour adapter votre pitch au besoin.
Conseil n°2 : faites connaissances avec les autres participants (et les mentors, et les jurys) avant le startup weekend : à la soirée prestartup weekend, sur Twitter, sur Facebook, sur votre blog/votre site web…
Une startup pas comme les autres

Après une introduction du mouvement assez intéressante…
< digression1>
Bon j’avoue que j’ai surtout accroché à la présentation de Sylvain Tillon qui offre avec largesse des bijoux pour cheveux à des demoiselles, qui n’ont pour seul mérite un nom convenable (notons que la demoiselle en question a peut-être de nombreuses qualités, je n’en sais pas grand chose, je commente simplement la méthode de sélection).
Sylvain Tillon, Sylvain Tillon, Sylvain Tillon (il paraît que ce nom vaut plusieurs millions, on ne sait jamais, en le répétant.. )
*si vous n’avez pas compris cette dernière affirmation, je suppute que vous n’êtes pas de l’EM Lyon, ce qui n’est bien évidemment pas un tort, bien que l’invocation systématique du début de pitch semble pourtant laisser penser que la négation de l’antécédent est vraie (pour ceux qui ne connaissaient pas et qui veulent comprendre, la négation de l’antécédent c’est simplement la contraposée de la réciproque -explication brillante, n’est-ce pas?).
< /digression1>
… me voici à la recherche de la porteuse de projet qui n’est rien d’autre que la mère d’un ami de prépa (un autre, comme quoi la prépa, c’est comme l’armée, ça tisse des liens).
< digression2>
A ce niveau de narration, si vous avez parfaitement suivi, laissez-moi vous féliciter de votre concentration ou.. de votre entrainement au multitasking, adeptes du ALT+TAB etdes interruptions massives sur Facebook/Twitter/Skype/votre drogue). Continuons.
< /digression2>
Car je n’étais pas arrivé à ce Startup Weekend seul, la fleur au macbook air (qui failli choir dès la première heure, avec ces tablettes géniales chez 3A qui se lève en laissant tomber l’ordinateur, et d’après certains bruits, je pense que la robustesse de quelques appareils a été testée de la sorte ce week-end).
J’étais accompagné de mes deux compères de prépa, Mathieu Daix et Sylvère Matéos -le dernier ne daignant venir qu’à partir du samedi, ne sait-on jamais, si la bataille était livrée prestamment, cela aurait économisé un peu de temps et d’énergie. Il n’étudie pas l’économie pour rien.
Mais j’étais aussi accompagné des parents de ce dernier, car ils avaient un projet de startup. Pour tout vous avouer, ils n’étaient pas vraiment dans le web -ce que Guilhem Bertolet fit remarquer assez vite lors de mon pitch (d’après une source sûre).
Pour leur défense, il paraitrait que startup, en anglais, ça veut dire “entreprise qui démarre” alors je ne vois vraiment pas, en toute bonne foi (smiley peu convainquant), pourquoi une entreprise d’ébenisterie n’aurait pas sa place dans un Startup Weekend. Je comprendrais plus tard dans ce week-end que ce qui me paraissa d’abord une hérésie attentionnée avait en fait du sens.
Conseil n°3 : venez comme vous êtes. Oui, venez.
L’heure du pitch approchait

Le destin me transforma ponctuellement en héraut (sans armes) de leur entreprise cuisinecar, rebaptisé Campinambulle.
Et me voilà devant une assemblée assoiffée de technologie venter les mérites de.. notre solution d’aménagement de coffre pour ludospace (kangoo-like) et monospace. Remerciement à mon acolyte, qui n’avait rien du comparse, même sans être sur scène, d’avoir accouché de quelques répliques savamment pesées (“le camping est bien trop spartiate”)
C’était plutôt plaisant d’elevator-pitcher en une minute, de me mettre un peu à la place de ceux que je pousse le vendredi soir. Néanmoins, lorsque vous voyez au moins une douzaine de visages dubitatifs lors de votre pitch et qu’il est hors de question pour les porteurs de votre projet de s’insérer dans une autre équipe (venant du monde de l’industrie et ne connaissant rien au web), vous avez une légère touche de pression.
Conseil n°4 : trouver des messages courts, entrainez vous avec quelqu’un.
Conseil n°5 : le modèle de pitch “problème-solution-compétences détenues-compétences recherchées” fonctionne bien pour ce format.
Le moment fatidique du vote

La journée du vendredi est stratégique dans un Startup Weekend, elle détermine le projet sur lequel vous travaillez et l’équipe avec laquelle vous collaborez. Deux éléments essentiels pour la réussite d’un projet et pour se garantir de passer un bon week-end, voir plus si affinités.
Mon avantage était double : je n’étais pas venu seul (mais je pense que presque la totalité des porteurs de projets étaient au moins à 2) et surtout j’avais l’expérience des précédentes éditions, à Paris et à Toulouse. Je savais donc qu’il ne fallait pas perdre de temps et cibler directement les personnes qui détenaient la precieuse manne : les billets de vote.
ça et là, je tentais de capter quelques billets/bulletins pour assurer aux porteurs de projet de prolonger leur séjour lyonnais.
Conseil n°6 : n’hésitez pas à venir à plusieurs, en étant près à ne pas développer le projet que vous portez (si vous en portez un).
Conseil n°7 : enchaînez les startup weekends, c’est bon pour votre énergie et votre réseau. Et l’espérance de gain dépasse le coût du déplacement et du ticket. Garanti. Au passage, les alumnis ont une réduction de 30%.
Conseil n°8 : le vendredi soir n’attendez pas avec votre pancarte que quelqu’un vous demande ce que vous faites et ce que vous recherchez. Allez directement parler à ceux qui ont des bulletins de vote encore disponible.
Et ce fut chose faite puisque nous arrivâmes… premiers avec 20 votes. Le vendredi soir.
L’équipe de choc (et je pèse mes mots, j’ai vraiment été époustouflé par les compétences et la complémentarité de l’équipe) se constituait autour des deux porteurs de projets Monique Matéos (dite Grillon) et Patrick Matéos (dit Mateos), Nicolas Kaplan aka MacGiver, ancien Arts&Métiers, actuellement en master spé à l’EM, mes amis de longue date Mathieu Daix (EM Lyon) et Sylvère Matéos (Lyon II en histoire de la pensée économique), Laëtitia Debruyne, gérante d’une web agency, journaliste pour girlz in web, Sophie Bai notre graphiste géniale ainsi que nos deux développeurs évangelistes de ruby on rails et de la méthode agile : Jean-Michel Garnier, développeur freelance et Pierre-Alexandre Piarulli, ayant travaillé dans 9 startups à travers l’Europe.
L’aide des sympatiques représentants de la Junior Entreprise de 3A, nous permis de sélectionner la salle adéquate pour commencer un tour de table.
Conseil n°9 : Une fois l’équipe constituée, faites un simple tour de table pour vous présenter (prénom, contacts -numéro de téléphone pour le w/e!!, background, compétences, envies) et ne vous couchez pas trop tard, un looooong week-end vous attend
Conseil n°10 : Renseignez vous sur les salles, assurez vous que les tables soient mobiles, que la salle dispose d’un tableau (au moins), d’un paperboard, d’un rétroprojecteur..
Conseil n°11 : N’hésitez pas à faire le stock de post-it, de feuilles, de marqueurs et de stylo.
Conseil n°12 : Egalement, lorsque vous votez (car il faut aussi prendre en considération ceux qui n’ont pas de projet à défendre) prenez bien garde à la vision de l’entreprise du porteur de projet. Les porteurs de projets émotionnels ou à très forts caractères entrainent parfois des complications le reste du week-end lorsqu’il faut faire évoluer l’idée. Demandez lui s’il/elle est prêt(e) à faire évoluer son concept.. au cas où.. Et demandez lui aussi où il en est, quel est l’état d’avancement du projet et jusqu’où il voudrait l’amener.
Le premier épisode du récit s’achève ici. Initiallement, je pensais raconter longuement le week-end et ponctuer le récit de conseils. Néanmoins, mon équipe de survoltés ayant rédigé de très bons billets j’hésite. Je vous conseille hautement l’article de Laëtitia et celui à venir de Nicolas, revu par tout le crew.
Je vous propose donc de rédiger la suite si vous postez une vingtaine de commentaires m’indiquant que cela vous intéresse (un par personne sera comptabilité). A priori ça devrait être suffisant pour ne pas avoir à continuer, mais j’ai quelques conseils en stock qui pourraient être utiles le reste du week-end
Ce qu’il fallait retenir :
1. Evangéliser au plus tôt.
2. Discuter avec tout le monde, prendre et distribuer les cartes de visite.
3. Participez quelque soit vos compétences et votre expérience.
4. N’improvisez pas votre pitch. Tentez la phrase prête à tweeter.
5. Pour votre elevator pitch, retenez que le modèle problème-solutions-compétences détenues- compétences recherchées marche bien en 1 minute.
6. Parlez en autour de vous, profitez de l’opportunité.
7. Les habitués payent moins chers et connaissent plus de monde.
8. Soyez hyperactif pour recruter du monde le vendredi soir si vous portez un projet.
9. Ne vous couchez pas trop tard le vendredi mais prenez tous les numéros de téléphone.
10. Profitez au mieux des infrastructures mises à dispositions. Testez le réseau au plus tôt pour que l’organisation puisse trouver des solutions s’il vous manque quelque chose.
11. N’hésitez pas à faire le stock de post-it, de feuilles, de marqueurs et de stylo.
12. Demander aux porteurs de projet d’être explicite sur l’état de leur avancée de leur startup et sur leur propension à modifier le concept si nécessaire.
Davantage de conseils pour réussir son Startup Weekend.
Si vous avez un ludospace ou un monospace, achetez Campinambulle.
Et pour découvrir en image ce qu’est un Startup Weekend retrouvez ma présentation du premier Startup Weekend toulousain réalisé par Mativi.
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