Pourquoi se plie-t-on à l’autorité ?
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Nous connaissons tous des gens qui n’ont jamais pu transigé avec la notion même d’autorité. Depuis petits, ils se soulèvent contre l’émanation du chef et contre l’obéissance même. Les causes sont multiples, les déclinaisons aussi. Je ne suis pas des leurs, du moins pas complètement. Pourtant, la question à une forte résonance en moi, et d’après les discussions que j’ai pu avoir, en beaucoup d’autres. En vous aussi, certainement. 1. Propos liminaire : biographie de l’autoritéMa conception de l’autorité s’est bâtie sur un paradoxe. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui savaient allié très habilement fixation d’une quadrature et laisser-faire en son sein. Cette ambivalence s’est pleinement exprimée à l’école. Je pouvais faire preuve de la plus grande docilité comme de la plus grande anarchie. Tout la difficulté consistait pour moi à trouver le périmètre légitime au sein duquel je pourrai me déployer. J’avais a priori un rapport d’obéissance de fait avec l’enseignant, figure de l’autorité au sein de mon périmètre scolaire, mais ne parvenais pas à me plier à ses directives omniprésentes. Ce n’était plus un cadre, c’était un asservissement global, une détermination du cadre ET une ingérence en son sein. La question était donc là, dès mon plus jeune âge. J’aime à me dire que j’étais en quelque sorte l’incarnation d’un animal sauvage en captivité, qui se plie aux règles malgré lui et sait au fonds qu’il ne pourra jamais oublier la sensation indépassable de la pure liberté, lorsque notre imagination et notre jeune âge nous dispensait de percevoir les vitres. Question qui se présentait encore lors des mes études dans le supérieur, où le cadre s’était élargi et où la figure de l’enseignant n’était pour moi rien d’autre qu’un élément en son sein. Elle se présente encore aujourd’hui dans mon travail, où le cadre est tangible et issue d’un chef. Ce qui n’est pas sans soulever de nombreuses interrogations sur le sens de l’autorité et sa conséquence sur l’épanouissement de l’individu et de l’actualisation de ses compétences, créativité au premier plan. Ainsi dressée la matrice de mon rapport à l’autorité, je vous propose de vous livrer mes expériences les plus récentes pour tenter d’approfondir le questionnement et en profiter pour partager mes pensées et interrogations. En peu de temps, j’ai été confronté à deux situations nouvelles. La première est celle de l’entrée dans le monde du travail, la seconde dans mes expériences entrepreneuriales. 2. L’organisme géant : une hiérarchie incontournableTout commença avec une entrée dans le monde du travail en alternance, première opportunité de vivre notre monde économique et ses rapports interpersonnels constitutifs. Il y a deux ans, je plongeais dans le monde de l’entreprise et plutôt dans un océan que dans un point d’eau. Entrons dans le monde qui était le mien encore récemment. a. Grands groupes : l’inaccessible unicité J’y découvris d’abord une entreprise qui ne pouvait pas être comprise à travers le prisme d’une réalité unique. b. Une solution peu enviable Ainsi les rennes d’un groupe sont dans les mains d’un comité de direction, qui s’efforcent de déployer des stratégies que les opérationnels devront décliner, en descendant les niveaux. Ainsi, la réponse à cet impératif de cohérence réside dans la relégation du pouvoir dans une tête pensante, qui scrute l’horizon, considère le corps qu’elle surplombe, prend les décisions à mettre en place et orchestrer, à chaque échelon. Cela entraine de facto une nécessité à la structuration hiérarchique forte, pour pouvoir diffuser efficacement la directive du sommet et animer le tout harmonieusement. Je crois que ce type de structure n’est pas souhaitable, a minima pour les deux raisons suivantes : Il faudrait certainement creuser plus en profondeur, mais je ne voudrais pas perdre étendre excessivement ce billet (j’aimerais bien que certaines aillent jusqu’à la fin ^^). Retenons simplement que la grande entreprise s’appuie sur des rapports hiérarchiques fortement structurés, qui se concrétise par une privation de son autonomie et qui a tendance à déboucher sur un stratification de la qualité des individus, assimilée à la leur position dans l’organigramme. Ce qui n’est naturellement pas enviable. Mais quid du monde des startups ? Celui qui condamne le statut quo recherche de nouveaux procédés, ou se complait dans une complainte résignée. Le monde entrepreneuriale, s’avère un havre salvateur. Qu’en est-il vraiment ? 3. Startup : la délivrance de Prométhée ?J’ai eu deux expérience en startup. Elles m’ont beaucoup appris, sur la constitution d’une équipe, son organisation, le partage des tâches, la communication en son sein… Mais aussi sur moi-même, sur mes inclinations, mes attentes, et les environnements dans lesquels je me sens bien. Les plus hardis déclareraient avoir compris ce que sont une bonne équipe et un environnement de travail sain. a. Une coopération souple et harmonieuse Dans la première, j’ai vécu ce qui m’apparaissait être toute la force des jeunes entreprises: une énergie incroyable, qui reposait sur une complémentarité des compétences et sur un rapport horizontal entre les porteurs du projet. Mais, au fonds de moi, je n’étais pas convaincu. La nécessité du chef se révélait être à mes yeux pas plus une règle prudentielle, de bon père de famille, qu’un mythe persistant, l’avatar d’une pensée unique.. Je ne dis pas que l’organisation hiérarchique ne fonctionne pas. Une profusion de contre-exemples me montreraient l’inverse. Néanmoins, elle comporte en elle une atteinte à l’épanouissement humaine qui invite à reconsidérer la question sous un angle différent. Pour moi, la question n’est pas : l’organisation hiérarchique fonctionne-t-elle ? Mais plutôt : l’organisation non hiérarchique peut-elle fonctionner ? Si la réponse est positive, compte-tenu des implications du premier mode, il me paraît important de considérer dans quels environnements une organisation plus “horizontale” fonctionne (ainsi que les implications d’un tel mode de coopération). Ensuite, il suffit de s’interroger sur nos attentes, nos envies réelles et non simplement nos représentations, et jeter les jalons du plan d’action, le cas échéant. Il est important de ne pas assimiler petite structure avec ce type d’organisation. La startup n’implique absolument pas une coopération horizontale et ces interrogations ont été alimentées au cours de ma seconde épopée. Second équipe, second projet. b. De la communauté à la meute Ma seconde expérience entrepreneuriale avait peu de choses en commun avec la première. Cette effervescence a entrainé plusieurs erreurs que je veillerai à ne plus commettre : Mais plus directement en lien avec le sujet du billet, je crois qu’il est intéressant de considérer la généalogie d’un rapprochement pour comprendre les relations au sein du groupe. J’avais ainsi rejoint un projet hâtivement, séduit par la puissance de l’idée. Je rencontrais le porteur du projet et je ne savais pas trop en penser, une communication un peu hasardeuse, des propos tantôt teintés de brio, tantôt discutables, un background atypique (ce qui était plutôt pour me plaire)… Un ami de longue date faisant parti de l’aventure, je me disais qu’il était de toute manière intéressant de s’y engager, au moins temporairement. Plusieurs problèmes se sont rapidement révélées : Il est donc important de s’interroger sur un état de fait peu attractif (2), mais il est tout autant important de comprendre la dynamique de création d’un rapport hiérarchisé. Les structures importantes sont toujours très “verticalisées”, mais ce qui importe dans la compréhension des rapports, indépendamment de la structure, ce sont les raisons et la manière dont s’opère le rapprochement d’individus qui se réunissent autour d’une envie d’accomplir une chose en commun (3). 4. Pour ne pas conclureVous l’aurez compris le rapport à l’autorité, au coeur du questionnement du rapport à l’autre dans l’organisation n’est pas simple à traiter. Il y a différent aspect à aborder : décrire ce que nous vivons au quotidien, s’interroger sur la légitimité des rapports hiérarchiques (rappelons que le contrat de travail est le seul contrat qui fonde un rapport de subordination entre deux personnes, qui semble aller en parfaite opposition avec nos principes égalitaires républicains), déterminer nos envies personnelles, soulever la question de l’efficacité d’une communication horizontale et de structures plates, élucider les structures où cela peut fonctionner… J’espère qu’à travers ces histoires très personnelles, ces ressentis et ces questionnements, vous aurez aborder certains aspects sous un nouvel angle et vous aurez envie de poursuivre la réflexion.. et de partager cet article avec vos proches, en likant, plussoyant, tweetant et en le recommandant en mail. Un second article devrait suivre prochainement, sur la liberté paradoxale de la startup, dans lequel nous aborderons plus concrètement les possibilités de création d’une structure horizontale, en insistant sur les limites et les implications d’une telle organisation. Et avant la seconde partie, je vous livrerai un article sur l’éducation. Peut-être deux. Tu as aimé l'article ? Tu peux le partager sur Facebook, Twitter et Google+. | ||||
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