Cet article s’appuie sur l’intervention de Michel de Guilhermier, du blog éponyme, à la 3ème édition de Start In Paris (que vous trouverez en fin d’article). Ici on parle du couple idée-réalisation et de l’avantage concurrentiel personnel.
Il n’est pas rare de rencontrer des porteurs de projets, plein d’enthousiasme, qui se refusent de communiquer leur idée de peur de se la faire piquer. Michel leur répond : si l’idée est bonne, vous ne devriez pas être la seule à l’avoir. L’idée en elle-même ne vaut rien car si l’idée est bonne il y aura de la concurrence. Ce n’est pas l’idée qui fait la réussite, c’est ce que vous en faite.
Souvent on me dit “oui, mais au moins j’aurais pris un peu d’avance”. Aurez-vous vraiment pris de l’avance vous privant de tous les feedbacks d’entrepreneurs avisés, de financiers, d’utilisateurs potentiels ? Présenter son idée, c’est s’entrainer à la rendre claire, confronter ses représentations à d’autres visions du monde et du marché, c’est prendre de la perspective et en réalité prendre des raccourcis et gagner beaucoup de temps. Ne rien dire pour avoir de l’avance, c’est en réalité perdre du temps.
Et puis l’idée n’est rien sans son exécution.
Qu’est ce qui fait qu’on exécute bien une idée ? Michel nous livre 3 points : 1. Connaissance du secteur 2. Qualité de l’entrepreneur (l’enthousiasme, l’énergie et le leadership ne sont selon lui pas les qualités différenciantes, beaucoup les possèdent, c’est plutôt l’écoute et l’attention qui sont cardinales car discriminantes pour s’adapter) 3. Atout intrinsèque pour réussir dans des secteurs en particulier
Pour illustrer son dernier point, il prend 3 exemples, Steve Jobs (1), Warren Buffett (2) et Jérémy (3).
1. Steve Jobs crée Apple le 1er avril 1976 (avec Steve Wozniak et Ron Wayne. Ils lancent un super produit, la boite marche vraiment bien. En 1985, il se fait éjecter (il reviendra en 1997 comme PDG intérimaire).
Il crée NeXT Computers en 1986, qui dégage en 12 ans 200 millions d’euros. Quand il revient chez Apple, l’entreprise dégage 200 milliards en 12 ans. Comment expliquer cette différence ? (postulons que les décisions du CEO exclusivement sont à l’origine des profits d’une entreprise donnée). Steve Jobs a le don du produit, il comprend l’utilisateur. C’est un atout absolument crucial dans pour Apple en B2C, ce qui n’est pas le cas pour NeXT, sur un marché B2B.
2. Warren Buffett est devenu riche par l’investissement. Il avait une compétence innée pour “la loi du capitale”, compétence particulière adaptée au secteur de la finance.
3. “Jérémy” est un brillant analyste, au parcours exemplaire, mais il ne fait pas preuve d’une grande empathie et de sensibilité commerciale. Il a toujours été très performant, jusqu’au jour où il reprend une entreprise dans laquelle les qualités commerciales du dirigeant sont particulièrement importantes. D’en conclure que l’on a tous des compétences qui sont distinctes. On est très bon sur certains points et on pèche dans d’autres. Le point clef c’est de se mettre là où nos forces distinctives font la différence : l’avantage concurrentiel personnel . “Si vous choisissez le secteur où vous êtes très bons, vous allez cartonner”. Il est possible de s’en sortir avec du travail et de l’entrainement sur nos points faibles. Mais imaginez votre qualité si vous aviez consacré ce temps sur vos inclinations. Le secret de la réussite entrepreneuriale : trouver son avantage intrinsèque personnel et focalisez vous là-dessus.
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