Lean Thinking : les origines de la révolution Lean
Cet article est le premier d’une série d’articles qui résumeront des livres fondateurs en organisation. ça tombe bien ! un des derniers sites qui offrait un service similaire vient de devenir payant (l’Expansion résumés) .
Nous commençons donc avec « Lean Thinking », un excellent guide pour comprendre la révolution Lean qui est en train de gagner du terrain dans beaucoup d’entreprises !
A) L’Histoire de « Lean Thinking » :
Paru en 2003, « Lean Thinking »est un des livres fondateurs de la mouvance « Lean » qui depuis 20 ans change la façon qu’ont les humains de créer des produits et des services.
Ses auteurs James P.Womack et Daniel T.Jones (Massachussets Institute of Technology) avaient mené fin des 80′, une étude de 5 ans (à 5 Millions de $ quand même) pour comprendre les décalages de compétitivité qui existaient entre les acteurs mondiaux de l’industrie automobile. Ils découvrirent alors les fins rouages de la méthode japonaise de production aussi connue sous le nom de Toyotisme (en référence au constructeur automobile Toyota-je précise au cas où hein). En effet, les Japonais produisaient mieux, moins cher et plus vite ! Les deux chercheurs du MIT réunirent les résultats de leur étude dans un livre : « The Machine that changed the world ». Mais « The Machine » était une étude comparative des performances des acteurs automobiles mondiaux (benchmark) , et ne donne pas LA recette du succès. « Lean Thinking » vient quant à lui donner une méthodologie concrète pour déployer le Lean au sein de son entreprise.
Alors que gagne-t-on à déployer le Lean? Est-ce une vraie révolution industrielle ou simplement un effet de mode créé pour vendre des livres de management et des missions de consulting (
B) Une Définition du Lean : Lean en anglais veut dire maigre (c’est-à-dire dénué de tout superflu, de tout gâchis) ou encore athlétique (c’est-à-dire performant et réactif). Le Lean a donc pour combat central l’élimination du muda (gâchis en japonais), et l’amélioration des performances productrices de l’entreprise.
C) Les bénéfices du Lean : Avant de comprendre ce qu’est le Lean en détail, voici ses bénéfices lorsqu’il est bien déployé (attention ça envoie du steak) :
Le bénéfices décrits ci-dessus sont ceux d’un “kaikaku” c’est à dire d’un changement radical et brutal de l’outil de production via l’introduction des méthodes Lean. Si un “kaizen” (amélioration continue) est mis en place après un “kaikaku”, l’entreprise peut encore espérer de multiplier par 2 sa productivité. (quand y’en a plus, y’en a encore) Cela vous semble beaucoup ? ça l’est en effet. Mais des exemples concrets et chiffrés vont suivre dans cet article et dans les suivants.
D) 5 Etapes pour déployer le Lean :
1) Valeur (Value)
Spécifier ce qu’est la Valeur, c’est-à-dire s’assurer que ce que l’on vend est réellement désiré par le consommateur, et qu’il est prêt à le payer. Cela peut paraître une évidence mais des facteurs comme l’Histoire d’un pays (voir exemples ci-dessous), l’Histoire d’une entreprise, ou autre, peuvent créer une distorsion dans la perception qu’a un producteur de la Valeur qu’il offre sur le marché. 3 exemples de distorsions « nationales » de la perception de la valeur :
o Peu d’implantation “en dur” à l’Etranger signifie peu de connaissance de ces marchés. o Le Japon est une île, et dans une économie qui exige de plus en plus de réactivité à l’expédition, sa position géographique n’est pas idéale. o Conséquence : Monnaie faible pour acheter des Matières premières en constante inflation.
Ces distorsions sont présentes dans chaque pays, et chaque entreprise, et même si cela paraît évident, il faut faire l’effort de ré-écouter en permanance le besoin de son client.
2) Cartographie de la chaîne de valeur (Value Stream Mapping) Une fois la valeur identifiée, il faut se poser la question « comment fonctionne mon outil de production ? ». C’est le rôle d’un outil primordial appelé le Value Stream Mapping. Nous expliquerons en détail cette carte dans un article prochain. Il faut pour le moment garder en tête l’idée que c’est le scanner de l’agent du changement ou « change agent » (le nom donné au monsieur riche et stressé qui va mettre en place le Lean dans l’entreprise), qui lui permet de comprendre le fonctionnement de l’appareil de production qu’il étudie.
L’analyse du Value Stream Mapping permet de relever 3 types de tâche :
3) Flux (Flow)
Une fois toutes ces étapes franchies, il faut que la valeur puisse être fluide (flow). Et pour que la valeur puisse « couler », il faut organiser l’appareil de production de façon efficace. Le One-piece flow est la solution proposée par le Lean. Il est le contraire de la départementalisation des tâches (en anglais batch & queue).
Ces deux courtes vidéos expliquent de façon ludique, la signification de ces deux concepts : Lean Sandwiches vs Batch Sandwiches Comment (éviter de) remplir des bouteilles d’eau en batch&queue Ces deux vidéos montrent quant à elles la supériorité en terme d’efficacité du flow par rapport au batch : One-piece-flow vs Batch (animation) One-piece-flow vs Batch (expérience courrier) Dans cette dernière vidéo le but est d’être le premier à finir de plier, mettre dans une enveloppe, sceller et timbrer un même nombre de lettres : L’équipe de droite travaille en One Piece Flow, c’est-à-dire qu’une fois qu’elle entame le travail sur une lettre, elle va jusqu’au bout du process, et donc à la création d’une lettre finie.
L’équipe de gauche travaille elle en batch&queue. Elle simule l’existence de « départements » (1 département pliage, 1 département enveloppage, 1 département scellage et 1 département timbrage). Les lettres ne peuvent passer au département suivant, que lorsqu’elles ont toutes été traitées par le département précédent.
Nous voyons donc que l’équipe du one-piece-flow a gagné aisément. Pourquoi ? Toutes les réponses et la suite de la méthodologie de déploiement du Lean avec le prochain article, donc keep tuned sur Brocooli ! Tu as aimé l'article ? Tu peux le partager sur Facebook, Twitter et Google+. | ||||
Related posts:



