Fulbert Lecoq : retour d’expérience Startup Weekend

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1. Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Salut Willy !

Je m’appelle Fulbert Lecoq, 25 ans. Mon profil s’articule autour de deux grands domaines: le Capital Investissement d’une part (je travaille comme Chargé d’Investissement au sein d’un fonds de Private Equity, OTC Asset Managament) et l’entrepreneuriat d’autre part (création d’une structure dans les applications mobiles, plusieurs participations à des projets de création et “side projects” en cours).

2. A quels startup weekends as-tu participé ? Quels projets as-tu pitché ou/et rejoints ? (ceux qui t’ont le plus marqués)

J’ai participé à l’avant-dernier Startup Weekend parisien, en octobre dernier, que j’ai remporté avec mon équipe. Nous avons présenté le projet “Reputeo.us”, un outil permettant aux hôtels et restaurants de récolter les avis et recommandations de leurs clients, via la mise à disposition d’iPads, avec pour objectifs de 1/ mieux analyser la qualité de leur service et 2/ valoriser cette masse d’informations sur les moteurs de recommandations online (Tripadvisor…). Un beau projet, plébiscité par le Jury, mais malheureusement abandonné (ou mis de côté tout au moins) par la suite.

3. Quelle a été l’équipe avec laquelle tu as le mieux travailler (avancée du projet et ambiance) ? (présentation + tâches de chacun) Quelle est pour toi la dream team d’un startupweekend ?

Sur “Reputeo.us”, notre équipe était assez équilibrée: 8 personnes dont 4 profils orientés business et 4 profils techniques. La bonne recette est finalement assez classique: une équipe composée de 6-8 personnes idéalement (en dessous de 5-6 personnes: perte de crédibilité + défaut de compétences ; au-dessus de 8-10 personnes: coordination et efficacité compromises), des profils complémentaires en termes de compétences (business, technique, graphisme, communication…) et de “backgrounds” notamment, une bonne dose de bonne humeur, de “positive” et de “can-do” attitude!

4. Peux-tu nous livrer une méthodo pour travailler efficacement (répartissions des rôles et gestion du projet) et nous donner un bon exemple de planning jour par jour au cours du week-
end ?

Tout est affaire de communication au sein de l’équipe et d’organisation. C’est vraiment important. En 48 heures, lancer les bases d’une startup est tout à fait réalisable. L’important est d’avoir une bonne dynamique, un bon fonctionnement en équipe et de s’organiser, je le répète. Généralement, il n’est pas indispensable de faire deux nuits blanches pour boucler le projet. Il faut anticiper et avancer simultanément sur la partie business-plan et la partie développement / démo; sans négliger pour autant la communication externe (vis-à-vis des organisateurs, des autres startupeurs, etc.) en utilisant Facebook ou Twitter, etc.
Le mieux est d’utiliser le vendredi pour définir les contours du projet, la répartition des rôles, se présenter et comprendre les motivations de chacun, l’organisation… Puis avancer samedi et dimanche matin et consacrer le dimanche après-midi à la présentation et aux derniers détails.

5. As-tu déjà rencontré des difficultés (erreurs, pertes de temps, points de crispations) au cours des week-ends ? Lesquelles ? Comment les as-tu réglées ? As-tu des conseils pour les éviter ou les solutionner au mieux ?

Selon moi, la principale difficulté du Startup Weekend provient des divergences en termes de motivation. Je m’explique. Côté pitcheurs, la motivation peut varier : certains présentent une idée qu’ils nourrissent depuis longtemps, d’autres au contraire une idée « au hasard », préparée pour l’événement. Certains pitcheurs viennent juste pour l’expérience, d’autres pour trouver des partenaires, d’autres encore pour trouver de vrais co-associés / porteurs de projet. Bref, pas de règles, donc attention à bien être clair sur les motivations de chacun !
Je recommande aux pitcheurs d’avoir une attitude pragmatique, ouverte, ce qui n’est pas toujours le cas. En n’oubliant jamais qu’une idée n’a de valeur que par l’équipe qui la défend.
Pour les autres startupers (ce qui rejoignent un projet), là encore les motivations peuvent varier : l’expérience uniquement, la gagne, trouver un projet sur lequel s’investir sur le long terme, etc.
Mon conseil : donnez-vous toujours à fond. Les grandes aventures commencent souvent là où on ne s’y attend pas. Globalement, la communication, comme je l’ai déjà dit, est très importante pour fédérer l’équipe, assurer sa cohésion.

6. As-tu des éléments supplémentaires à conseiller pour de futurs startup weekenders / auxquels tu feras particulièrement attention à ton prochain (Startup Weekend Toulouse le 13, 14 et 15 mai ? Bordeaux la semaine d’après ?) ?

Startupeurs : amusez-vous ! L’objectif N°1 du SW, c’est de passer un bon moment. Si vous ne faites pas partie des trois premiers, que votre équipe a rencontré des problèmes de cohésion, que votre business-modèle est complètement à côté de la plaque ou que le projet ne dépasse pas le cap du weekend, ce n’est pas grave ! L’important est d’avoir passé un bon moment et d’avoir récolté un minimum d’expérience.

7. As-tu des conseils pour l’après startup weekend ?

Bonne question ! Comme je l’ai dit, nous avons remporté l’édition d’octobre dernier. Dans l’absolu, cela aurait du nous servir de catalyseur pour booster l’avancée du projet : une victoire, une couverture presse, un suivi par les équipes d’Orange, partenaire de l’événement… Tout cela en 48 heures ! Que demander de plus ? Et bien le résultat est plutôt décevant puisque le projet a rapidement été mis de côté. Pourquoi ? A cause des fameuses divergences de motivation. Les deux porteurs de l’idée n’ont pas su fédérer une équipe pourtant extrêmement motivée à la suite du weekend. Ce qui est dommage… Mon conseil : discutez très rapidement de vos motivations, de vos contraintes. La réussite du projet passe à 100% par la qualité de l’équipe. L’idée ne vaut rien. La prime reviendra donc aux équipes les plus soudées, motivées, dynamiques. Et presque à chaque fois le même constat : être dans les trois premiers en SW ne signifie pas que le projet sera encore en vie dans 6 mois, au contraire…

8. Une anecdote à partager ?

Ma méthode pour sélectionner le projet que j’ai rejoint : noter de 1 à 4 les projets pitchés, en me basant sur ma perception de la personnalité du pitcheur ET de la qualité de l’idée. Après avoir écouté les 50 idées pitchées, j’ai retenu une short-list de 3 projets. La décision s’est faite en allant discuter avec les porteurs de projet.

9. Quelques choses à rajouter ?

Lors de l’élaboration de notre business plan, nous nous sommes basés sur le canevas du livre « Business Model Generation », devenu une référence et que je conseille fortement !
[note : j'ai résumé la méthodo proposée dans le livre dans l'article schématiser son modèle économique ]

Merci Willy !

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