Education : Erreur volontaire?

Cette réflexion fait suite à l’article « Education » : Erreur fatale. S’il s’agit d’une erreur, peut elle être volontaire ? On peut convenir qu’une erreur est acceptable si elle apporte certains bénéfices et ne met pas en danger la réalisation du projet.

Je partage l’idée de la transmission d’un volume probablement trop grand de connaissances dans un temps trop court et la mauvaise utilisation de l’apprentissage principalement utilisé pour la sélection des individus. On peut toutefois se demander s’il n’y a pas un objectif à ces méthodes pédagogiques.

L’Ecole n’est pas seulement un endroit pour apprendre (ce sera du moins mon hypothèse). C’est aussi un lieu où on prépare notre futur rôle dans la société. Et celui-ci est rarement de passer sa vie à apprendre à part pour certains et dans certaines conditions.

Dès lors, l’Ecole doit nous entrainer à accomplir les tâches qui nous seront confiées. Ces futures tâches auront des points communs avec le long programme que tout bon écolier se doit de connaitre par cœur.
- Elles auront été demandées par des personnes qui en veulent toujours plus ;
- Elles devront être achevées dans un temps bref.

Est-ce que l’empressement induit par les concours ne se retrouve pas dans la préparation des livrables en entreprise ? Est-ce qu’en nous apprenant à bachoter, l’Ecole ne nous apprend pas à préparer rapidement un dossier ou une présentation ?

C’est également pour nous trouver un rôle dans la société que l’Ecole nous demande de faire des choix, de partir sur une voie. C’est comme un voyage, si on veut aller loin, il faut éviter de faire trop de détours. La France nous donne la possibilité d’acquérir un bagage culturel plus global que d’autres pays pourtant voisin comme l’Allemagne. Les allemands doivent se spécialiser beaucoup plus tôt. Ils doivent acquérir une spécialité. C’est de cette spécialité que naitra leur valeur particulièrement à la mode. Cette spécialité à l’allemande est utile pour l’ensemble de leur société. C’est ce que montrent la célèbre technicité allemande et leurs exportations.

Se fixer une direction, ce n’est pas forcément mettre des œillères mais c’est choisir des priorités. La possibilité de faire quelques excursions doit être possible car elle sera enrichissante et permettra de prendre du recul.

Mais si le programme est si dense (raison pour laquelle on en retient si peu), est ce parce que l’Ecole n’essaie pas justement de nous faire voyager vers un monde professionnel tout en essayant de nous en montrer le plus possible ? Un bon programme d’histoire par exemple nous donnera un savoir minimum sur l’histoire de notre pays, mais également quelques histoires sur les grandes civilisations, sur les grandes découvertes et les évolutions des mentalités.

Si l’Ecole veut nous en montrer autant, c’est qu’elle représente notre dernière chance de nous enrichir culturellement. Une fois les études terminées, quelle sera la motivation pour nous cultiver ? Notre profession nous remerciera uniquement si on apprend des connaissances utiles. Il nous reste alors la motivation de « briller en société » au risque d’être catalogué comme pédant. Depuis l’arrivée des encyclopédies et d’internet (dans une moindre mesure), la connaissance générale n’est plus aussi valorisée. Les sages antiques indispensables dans les sociétés de leurs temps, seraient maintenant bien inutiles face à un wikipedia ou à une recherche google.

Dans la pratique, l’entrée en école de commerce ou d’ingénieur s’apparente pour l’étudiant à la fin de son apprentissage culturel sous la forme de cours magistraux et d’interrogations. On essaie de maintenir l’illusion de l’importance reconnue des cours de culture générale en rajoutant des enseignements (UV) obligatoires. Mais ceux-ci seront au final survolés par des étudiants ayant maintenant choisi leur spécialité et pressés de gouter aux joies des activités extrascolaires.

Essayons de séparer les enseignements de l’école en 2 catégories :
- l’apprentissage technique qui fournit les bases pour passer les examens et préparer son métier
- l’apprentissage culturel chargé de nous apprendre à réfléchir, à prendre de la hauteur par rapport au monde et à l’histoire

Pourquoi est ce que l’”apprentissage culturel” a lieu au même moment que s’effectue la sélection pour un métier ?
L’apprentissage ne peut plus s’offrir l’objectif d’être un but en soi. On est loin de la période des humanistes et beaucoup plus proche de la période des robots prêts à utiliser la connaissance facilement accessible pour réaliser la tâche demandée mais aussi pour évoluer dans leur sophistication.

Alors pour vous, l’”apprentissage culturel” que l’école nous inculque (trop vite, au risque de nous assommer), vise-t-il à
- nous donner des bases nous permettant de comprendre notre société et son évolution (votez 1)
- effectuer une sélection tout comme le fait l’”apprentissage technique” (votez 2)
- uniquement à nous divertir, tout en sachant que nous trouverons plus tard en cas de besoin (improbable?) les connaissances facilement sur internet par exemple… (votez 3)

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